Vers un nouvel Agora : le citoyen connecté ?

Chez les Grecs, le terme de Polis implique non seulement la ville mais aussi le lieu de l’exercice du politique comme activité. Il s’agit « d’un domaine privilégié où l’homme s’appréhende comme capable de régler lui-même, par une activité réfléchie, les problèmes qui le concernent au terme de débats et de discussions avec ses pairs [1]». Cette entreprise requiert l’implication des citoyens et intègre alors la question de la gouvernance. Au cœur de la cité, le pouvoir devient alors anthropologique [du grec « anthrôpos » à savoir « hommes » et « Logos », élaboration rationnelle]. Ce qui revient à dire que le discours sur l’homme se veut politique dans la mesure où il rejoint la Polis, la Cité. Il tient à la nature des êtres qui la composent et qui mettent en débats leurs idées.
Le politique intègre un art de la parole qui permet de régler les problèmes de la vie en collectivité par l’exercice de la démocratie afin d’éviter la violence qui fait régresser les individus vers « leur animalité première ». La ville se doit donc de laisser place à des espaces institutionnels, des lieux d’échanges et de discussion entre les hommes : l’Agora.
Le citoyen du futur sera sans nul doute connecté à une plateforme numérique. Dès lors, il faudra envisager une « e-agora » à savoir un espace virtuel, mais concret, sur/dans lequel les nouveaux échanges entre citoyens et les politiques pourront avoir lieu, donnant ainsi naissance à une civilité inédite.
Peut-être qu’il sera envisagé non seulement un centre historique, un centre ville, mais aussi un cercle -qui a défaut d’être vertueux- permettra d’établir un faisceau de relations pour aborder les questions de l’Etre Collectif et du vivre ensemble.
Allons-nous tendre vers une nouvelle intersubjectivité, une politique participative d’un nouveau genre ?